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Recommencer à vivre
Ego Sum: un exemple rare de science-fiction aux profondes connotations spirituelles. Sarihan, le héros de la série, doit se reconstruire une nouvelle vie en partant des ruines de la précédente, disparue derrière le rideau d’une amnésie provoquée artificiellement. Son épopée est celle de quelqu’un qui a perdu toute certitude dans la vie, tout réconfort. Son passé est perdu, son futur est une chimère. C’est dans le présent que se joue sa lutte pour la survie, au cours de laquelle il devra se transformer lui-même en un homme nouveau, meilleur… ou succomber dans cette tentative.
N’est-ce pas ce qui nous arrive à tous, quand la vie nous met à l’épreuve?
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Premier volume: Chasseur de soi-même

C’est un homme désespéré à la recherche de lui-même. Il vient de reprendre connaissance au fond d’une ruelle, souffrant d’un terrible mal de tête et n’ayant aucune idée de comment il a pu arriver là. Son esprit est un gouffre noir, un puits obscur où a disparu toute trace de son passé. En cet instant, il ne reste que le vide.
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Les médecins de la clinique où il est admis découvrent une greffe sous-cutanée sophistiquée.
Quelqu’un a dissimulé un microprocesseur dans son bras, une puce dans laquelle ont été enregistrées les images d’une orgie qui se déroule dans une somptueuse villa. L’homme sans mémoire en est le personnage principal. Mais quand ces scènes ont-elles été tournées? Et par qui? Et ce riche libertin si bien à son aise dans le monde de la drogue et des prostituées, est-ce vraiment lui?
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Son enquête le conduit dans les bas-fonds de la ville, à la recherche des femmes présentes dans le dossier vidéo. L’homme découvre ainsi que l’une d’entre elles a pris le large… et prononcé ses vœux. Devenue religieuse du culte de l’Ordre Ancestral, elle s’est établie sur la planète Takarus.
Et c’est justement sur Takarus, où vivent les moines de l’Ordre Ancestral, que commence la quête de la vérité pour notre héros sans passé.
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Volume deux: l’Ordre Ancestral

Les révélations ne tardent pas à se manifester. La “compagnie”, organisation criminelle répandue dans toute la galaxie, soustrait leur mémoire à d’innombrables individus. L’un d’eux est, ou plutôt était, Sarihan Floyd, grand ponte de la haute finance.
Sarihan… l’homme se souvient que ce nom était le sien.
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Depuis un certain temps, l’Ordre Ancestral, organisation religieuse dont le siège est sur Takarus, essaye d’entraver les plans de la compagnie, mais jusqu’à présent toute tentative a été vouée à l’échec. L’ablation totale de la mémoire fait généralement tomber les victimes dans un coma sans retour. Mais Sarihan a fait preuve d’étonnantes capacités pour récupérer. Grâce tout d’abord à des facultés innées, mais aussi au microprocesseur implanté dans son organisme.
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L’ordre ancestral essaye de recruter Sarihan pour en faire son champion, un guerrier en mesure de s’opposer au pouvoir de la “compagnie”. À la suite de l’ablation de sa mémoire, son esprit est vierge et prêt à se transformer en arme mortelle. À condition toutefois de surmonter le sévère entraînement que lui impose le maître Giansir.
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L'auteur
Simone Bianchi
Simone Bianchi a dessiné Conan le Barbare et I Fantastici 4 pour les éditions Marvel Italia. Il a été le concept designer de vidéo-clip musicaux de Eros Ramazzotti et de 99 Posse; il a publié le volume d’illustrations The Art of Simone Bianchi (Pavesio Éditions), il est aussi un dessinateur apprécié de couvertures d’albums de rock et de heavy metal.
Il dessine actuellement (avril 2005) pour les éditions DC Comics la mini série Shining Knigh de Grant Morisson, qui fait partie de la maxi série Seven Soldiers.
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Entretien avec Simone Bianchi
“Ego Sum” est un mélange insolite de science fiction et de spiritualité, riche en symboles et en allégories. Comment est née cette union?
Ego Sum était ma première œuvre monographique et il était inévitable que j’y dépose une bonne partie de mes expériences récentes. La science-fiction est depuis toujours un de mes imaginaires de référence et vers les trente-cinq ans on commence à se poser certaines questions. Rien d’extraordinaire en fait, je crois qu’il y a un tas de gens de trente ans dans les mêmes “conditions” que moi! Cette sensation de désarroi, j’ai essayé de la raconter dans une BD, en m’efforçant de chercher quelque chose de nouveau, de réfléchir et de travailler sur le contraste: des dualismes comme modernité-antiquité, vertiges technologiques et textes de sagesse me semblaient des défis intéressants, des pierres angulaires solides sur lesquelles construire une bonne histoire.
Dans le premier volume, Sarihan, le héros de ta saga, n’est pas un personnage complètement positif. Tu aimes les anti-héros?
Je dirais que Sarihan ne peut pas être défini comme un personnage négatif: Sarihan est tout bêtement un homme qui s’est perdu (littéralement) et qui tente désespérément de retrouver le contact avec lui-même.
Je dirais donc plutôt un personnage en évolution.
Anti-héros… le mot anti-héros est certainement un peu exagéré, mais, au fond, je ne peux pas nier que les trois personnages qui m’ont le plus rapproché du monde des nuages dessinés sont considérés comme trois anti-héros par excellence: Batman, Wolverine et Dylan Dog.
Voudrais-tu nous parler de tes sources d’inspiration graphique?
Il est impossible de faire la liste de toutes les influences pour la bonne raison qu’il arrive aussi parfois que quelqu’un te fasse remarquer à quel point on peut t’assimiler à un autre artiste et toi, bien innocemment, ce type-là, tu ne l’avais même pas feuilleté une seule fois. Je peux te dire quels sont les artistes que j’étudie avec le plus de passion, quels sont ceux qui m’ont hypnotisé, ceux que je consulte dans l’intention d’en comprendre les secrets. Sans oublier que le cinéma aussi représente une source de solutions et d’inspiration inépuisable, et le plus de tous, 2001 Odyssée de l’espace, qui en plus de son pouvoir d’évocation visuelles me met aujourd’hui encore dans une atmosphère émotive qui m’inspire et me bouleverse au plus profond de moi.
Faisons comme ça… je les classe par catégories et je te file une courte liste.
Artistes BD : Travis Charest, Alex Ross, Sergio Toppi et puis Castellini, Moebius et la surprenante Claire Wendling que j’ai eu l’occasion de rencontrer et d’apprécier en direct cette année à Lucques.
Peintres: il y a des génies du passé que tu ne peux pas ignorer… Caravage, Dali, De Chirico, Alfonso Mucha, Sir Laurence Alma Tadema.
Illustrateurs: Frazetta, Chichoni, Brom, Justin Sweet…
… il y en aurait tellement d’autres à citer que l’interview pourrait finir ici. Simone Bianchi, au fond, essaye d’être Simone Bianchi plus la somme de toutes les œuvres extraordinaires que j’ai vues et qui ne cessent jamais de m’apprendre. Je crois qu’il est important d’avoir des modèles et des sources d’inspiration, ou des stimulations, si tu veux, qui t’aident à te renouveler en permanence.
À mon avis le second volume révèle une nouvelle approche stylistique. Le trait est comme plus détendu, presque “préraphaélite”, autant qu’il était nerveux et incisif dans le premier volume. Qu’en penses-tu?
J’essaye de grandir, d’y mettre le plus d’énergie possible… Sans aucun doute j’ai aujourd’hui une approche très différente de celle que j’avais pendant la réalisation du premier Ego Sum et ça se voit certainement. Il y a aussi des erreurs que j’ai essayé de corriger, j’ai soigné bien plus attentivement la structure des pages et j’ai cherché un meilleur équilibre dans la composition de chaque vignette. Même au niveau de l’écriture, je me suis efforcé au maximum d’améliorer la qualité tant du scénario que des textes en essayant d’atteindre le meilleur équilibre possible entre mots et images.
Et là, je dois certainement remercier un certain Flavio Troisi (tu en as déjà entendu parler?) qui a suivi mon travail et m’a aidé pas à pas dans cette phase avec une passion et un professionnalisme exemplaires.
Il y a aussi Andrea Silvestri. Avec Andrea est née, depuis quelques années désormais, une amitié artistico-professionnelle qui m’a été infiniment précieuse et une aide fondamentale dans la réalisation du second album de la saga.
Dans “The Art of Simone Bianchi” nous avons admiré tes illustrations fantasy. Comment évolue ta carrière d’illustrateur?
Au cours de l’année qui vient de passer, j’ai été engagé dans deux projets très importants comme Ego Sum et Shining Knight, et l’illustration a dû, par la force des choses, céder le pas. Avec l’été 2005, de toute façon, arrivent quelques nouveautés: DC m’a commandé deux ou trois couvertures (Green Lantern et Hawkman), une cover peinte pour Atomika de l’excellent ami Sal Abbinanti va bientôt sortir (je suis précédé par des artistes de renommée internationale du calibre de Alex Ross, Glenn Fabry, Timothy Bradstreet, Michael Turner et Simon Bisley…)
Parallèlement je suis en train de travailler sur une nouvelle couverture pour l’album IV des Vision Divine et j’ai en programme un portfolio de 12 lithographies avec allégories fantasy des signes du zodiaque pour les éditions “Spazio Corto Maltese”, tandis que Pavesio a mis en chantier un nouvel art book pour le prochain salon de Lucques et peut-être même un sketch book de crayonnés.
Dans le second volume de Ego Sum, tu affrontes des thèmes très profonds: la méditation, la recherche de soi (qui est en réalité le thème général de toute la série), la discipline intérieure. Est-ce que Ego Sum veut transmettre un message?
Comme j’y ai fait allusion dans la première question, le moment autobiographique a été important pour Ego Sum. Je pratique le bouddhisme de Nichiren Daishonin depuis deux ans et ça a eu un impact absolu, je dirais à 360 degrés, sur ma vie et je ne pouvais non seulement pas l’ignorer, mais de plus, par certains côtés, ça a été le moteur des suggestions que j’ai essayé de faire éclater sur le papier. Même si c’est drôle… parce que quand j’ai écrit le sujet je ne pratiquais pas encore… À l’évidence il y avait en moi des pulsions qui n’attendaient que le moment de trouver leur juste direction.
Je me trouvais et je me trouve encore dans un moment où je veux comprendre, cultiver mon moi avec une plus grande lucidité et une plus grande détermination. Travailler sur soi-même et essayer de trouver un équilibre entre le présent et ses propres souvenirs est important. Nos souvenirs sont un bien précieux et une clef pour vivre ce qui nous est imparti.
Ces derniers temps tu es très occupé avec Shning Knight de Grant Morisson. Comment ça se passe? Et comment te sens-tu dans cette collaboration avec un géant de l’édition comme DC?
Très bien. Chez DC, ils sont tous vraiment formidables, j’ai trouvé des collaborateurs extraordinaires, un grand professionnalisme et une disponibilité absolue pour résoudre les questions artistiques. C’est un colosse de l’édition et pourtant on y consacre beaucoup de temps à construire un rapport satisfaisant avec les artistes. Je ne le cache pas, leur approche du “métier” m’a littéralement conquis. J’espère être à la hauteur.
Grant Morisson? C’est géant de travailler sur ses scénarios, c’est un génie au-delà de tout ce qu’on peut raisonnablement imaginer et surtout c’est une occasion unique pour moi d’apprendre et de mettre en projet des histoires. Quand tu lis un de ses scripts tu peux comprendre comment se crée la tension et comment il la dissout, comment il utilise le temps et quel est le souffle du récit, c’est vraiment surprenant. Sans oublier que l’écossais m’oblige à utiliser en permanence le dictionnaire… Morisson a un registre linguistique incroyablement approprié.
En un mot que vouloir de plus que Shining Knight… J’ai la possibilité de travailler avec un monstre sacré du scénario, la critique semble enthousiaste et l’album semble faire l’unanimité. Pour ceux qui seraient intéressés, voici quelques liens sur le sujet…
http://www.thefourthrail.com/reviews/critiques/030705/sevensoldiersshiningknight1.shtml
http://newsarama.com/forums/showthread.php?s=&threadid=29199
Et pour ceux qui voudraient avoir une idée plus claire sur mon travail pendant ces dernières années, le site de référence est tout simplement www.simonebianchi.com
Shining Knights: www.dccomics.com/comics/?cm=2779
Est-ce que tu as lu dernièrement une BD qui t’a marqué?
Identity Crisis chez DC m’a beaucoup plu… et puis j’ai voulu aussi redonner un coup d’œil au maître Enki Bilal; l’année d’Immortel, il était juste de terminer la Trilogie de Nikopol (dont je n’avais lu que la Foire aux Immortels).
Pour conclure, je voudrais remercier tous ceux qui suivent les productions de Pavesio Editions (tant en Italie qu’en France) et souhaiter que le nouveau chapitre de EGO SUM arrive à satisfaire au mieux leurs attentes.
Paix et Prospérité à tous!!!
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